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 [critique] La Trilogie des Elfes

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Sahagiel
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Date d'inscription : 22/08/2007

MessageSujet: [critique] La Trilogie des Elfes   Jeu 23 Aoû - 16:23

L'un de mes cycles préférés écrit par Jean Louis Fetjaine, en espérant qu'ils vous plaisent aussi bigsmile !

Résumé du premier tome :

" Il y a bien longtemps, avant même Merlin et le roi Arthur, le monde n'était qu'une sombre forêt de chênes et de hêtres, peuplée d'Elfes et de races étranges dont nous avons aujourd'hui perdu jusqu'au souvenir. Dans ces temps anciens, les elfes étaient un peuple puissant et redouté des hommes, des êtres pleins de grâce à la peau d'un bleu très pâle, qui savaient encore maîtriser les forces obscures de la nature.
Ce livre est le récit de leurs dernières heures depuis la rencontre du Chevalier Uter et de Lliane, la reine des Elfes, dont la beauté fascinait tous ceux qui l'approchaient. L'histoire d'une trahison et de la chute de tout un monde, d'un combat désespéré et d'un amour impossible.

Une plume efficace et apte à ressusciter la magie et la fureur des temps anciens

Jacques Baudou –Le Monde "

Critique personnelle du premier tome :

Jean-Louis Fetjaine a vu sa carrière d'écrivain prendre un tournant avec la publication de la Trilogie des Elfes. Succès incontestable, et incontesté, ce bijou de la littérature française marque un très large public, aussi bien les férus de fantasy que les amoureux des belles lettres.

En effet, cette prose si légère et fluide touche le lecteur dés le premier mot, l'abîmant alors dans une spirale de poésie épique. S'attaquer à un thème aussi revu dans la fantasy, à savoir celui des légendes celtiques ou arthuriennes, aurait rebuté plus d'un auteur, autant par la difficulté de percer que celle d'innover et surprendre un public averti. Pourtant, Fetjaine s'y engage avec une facilité notable, effleurant tantôt le registre épique, romanesque, lyrique, pour désorienter son lecteur avec une pointe d'amusement. Le monde où nous pénétrons donc, encore bouleversé par la beauté du texte, s'enrichie de multiples apports historiques et chimériques qui arrangent un univers fouillé, ni manichéiste ni plat, dont on n'a de cesse de repousser les limites. A chaque page tournée, on s'instruit un peu plus de ses contes et croyances, naviguant toujours sur le flot du rêve sans jamais atteindre le rivage. On s'imprègne, on s'abreuve de ce roman jusqu'à absorber les phrases puis les pages à un débit très rapide, la fluidité du texte n'y étant pas pour rien. Emporté par cet océan d'émotions contradictoires, aussi bien joie, tristesse, peur et plaisir, on se laisse ainsi porter par la trame scénaristique ne souffrant d'aucun défaut.

Les différents personnages activant les rouages de celle-ci exposent une palette de caractères piquante : l'homme qui doute puis affronte la mort, la reine trouble d'un peuple craint, l'assassin qui se plie au jeu de la politique pour tirer son épingle, ou encore le nain tiraillé entre la volonté de sauvegarder son peuple et la paix... Tous apportent à l'œuvre une note mélancolique, comme si ce mythe évoluait sur le tranchant d'une lame toujours à deux doigts de se fendre. On ne sait quelle fin nous attend, mais on la craint, ne saisissant pas encore l'importance des enjeux politiques. La navigation stylistique, la magie de certaines descriptions et cette plume efficace, leurs confèrent quant à elles un réalisme dont on ne pourrait se passer. L'environnement offert aux lecteurs demeure ainsi vaste, mythique, mais ô combien dangereux. Véritable tourbière, le simple exemple des marais révèle la dureté de la quête des héros, à la fois contraint par l'honneur et le devoir à subir ces tourments. Car des tourments, ils en affronteront. Manigances politiques, délation, manipulation, assassinat, événements retorses ou pénibles, algarades, fuite ou cruauté du destin, ils passeront par bien des épreuves mais demeureront humains, l'auteur choisissant avec mesure de ne point attribuer à ses protagonistes des aptitudes trop marquées, les abandonnant donc aux rythmes de leurs pérégrinations.

La qualité remarquable de ce premier tome promet de grandes choses pour la suite. Que les auteurs anglo-saxons se bardent, car la déferlante de Jean-louis Fetjaine ne se dissipera pas de si tôt !


8/10

*******


Résumé du second tome :


Le monde a sombré dans le chaos lorsque les hommes ont exterminé les derniers royaumes nains. Seuls les elfes pourraient s'opposer à eux, mais ils se sont retranchés dans leurs immenses forêts, inconscients du danger qui les menace à leur tour. Pour empêcher le duc Gorlois d'étendre la domination des hommes sur la terre, au nom de Dieu, le druide Merlin s'attache aux pas du chevalier Uter, l'amant de Lliane, la reine des elfes. Investi du pouvoir de Lliane, Uter devient le Pendragon, chef de guerre de tous les peuples libres, et tient désormais entre ses mains le pouvoir de restaurer l'ordre ancien. Mais il lui reste à choisir entre l'amour de deux reines : Lliane, l'inaccessible, réfugiée dans son île d'Avalon ; ou Ygraine, si réelle, si humaine...

Critique personnelle du second volume :


Le premier tome de cette trilogie m'avait conquis pour la plume talentueuse, adroite et très lyrique de l'auteur. Le second tome devait confirmer cette tendance admirable. En effet, alors que nous quittions à peine Lliane et Uter, esseulés parmi le flots des cadavres, le roman prend ici une nouvelle dimension : celle des alliances, des trahisons, des guerres saintes d'or et déjà soutenues par le poids des héritiers.

Cette fois, l'ampleur de la politique dévoile son panache ; on envisageait tout juste les manigances des rois lors du premier volume, sans rien connaître de leurs aspirations, mais aujourd'hui la fin se dessine, on saisit leurs implacables logiques et pénétrons dans une univers très différent, dans une atmosphère par à-coup lambrissée ou capiteuse, nous abîmant toujours plus profondément dans les brigues du roman. Chaque geste, chaque parole, chaque ordre auparavant incompris trouvent maintenant une raison, d'autant plus surprenante que l'ensemble se tisse avec une cohérence notable. On aurait pu craindre les égarements du scénario, à force de s'éclater entre différents points de vues, à force de multiplier les personnages et leurs interactions, mais non, l'auteur mène son intrigue d'une main de maître. Or au sein de cette mécanique bien huilée, les rôles sont rarement clairement distribués : les hommes qu'on pensait bons se perdent eux-mêmes, se livrent aux frasques du destin pour céder le pas aux simples pulsions primaires, encore gonflées par les enjeux de leurs actions.

Ainsi, les personnages évoluent, en bien ou en mal, de manière à surprendre un lecteur captivé par le flot de ces changements. L'amour, la vengeance, la haine, le désir, ces sentiments si anodins sont employés au détriment des protagonistes qui, en cédant à leurs penchants les plus sombres, en se laissant dévorer par leurs états d'âmes, font vaciller le plateau du destin. Vers quelle fin nous entraîne l'auteur ? Impossible à définir tant les courbes du scénario, l'écheveau de ce monde dévasté par la guerre, assombrissent toutes prévisions. On s'accroche donc aux dos des personnages avec une appréhension mêlée de curiosité, avide de savoir comment parviendront-ils à pacifier ce monde. Déchiré entre les combats de Lliane, confrontée aux tourments de son peuple mais résolue à élever sa fille Rhiannon, d'Uter, dont les précédentes guerres ont marqué aussi bien la chaire que le mental, et d'Ygraine, autour de qui s'agitent les intrigues de la cour, nous savourons chaque nouvel enjeux : religion, oubli des anciens Dieux, lutte pour préserver sa liberté, génocide des races, implacable et méthodique... Le tout toujours desservi par une psychologie travaillée afin de sortir les personnages de leur cadre convenu ; ainsi on s'attache à eux, quel que soit leurs tendances.

A travers la plume de l'auteur, nous découvrons également un peu plus les cultures, le poids historique de cet univers. Mêlant les légendes arthuriennes aux canevas de la fantasy, ce roman construit peu à peu une identité propre, permet aux lecteurs de découvrir autrement cette facette de l'histoire, pourtant si prisée par les auteurs contemporains. Alors que les réécritures du Seigneur des Anneaux et les quêtes du graal paraissent par centaines, ce livre a su innover, a su nourrir l'imaginaire en apportant toujours un peu plus au genre. A travers les langues, par exemple l'utilisation ponctuelle du latin, ou des références bibliques pour étayer certains passages religieux, le lecteur est repu à satiété. Quand bien même se montrerait-il difficile, il ne pourrait résister aux charmes des cultures celtes, découvertes ou redécouvertes au fil des pages. L'utilisation d'un champ lexical précis, autant dans les descriptions que dans les discours, assure quant à lui la crédibilité de l'ensemble, parachevant l'enchantement de la lecture. On pourrait définir ce tome ainsi : un sortilège ; il se tisse peu à peu, brode l'écharpe qui nous liera au roman, puis file dans un miroitement de plaisir, après avoir ourdi le fils de notre attention...

Jean-Louis signe donc là un roman à la qualité remarquable, sophistiqué et brassant de multiples connaissances, dont on ne ressort pas facilement. Même le livre refermé, on demeure plongé dans son monde véritablement élégant... pour notre plus grande satisfaction !

8.5/10

*******


Résumé du troisième tome :

Le monde, partagé entre les nains, les monstres, les elfes et es hommes, a perdu son équilibre depuis que ces derniers se sont appropriés la légendaire épée Excalibur. Déchiré entre son épouse, la chrétienne Ygraine, et Lliane, la reine des elfes, le roi Uter a pris la décision de rendre l'épée sacrée et de restaurer ainsi l'ordre ancien.

C'est alors que les monstres envahissent le royaume de Logres et anéantissent leurs adversaires désunis. Affaiblis et terrifiés, les hommes se tournent de nouveau vers les elfes, espérant que le peuple des arbres viendra à leur secours.

Exilée sur l'île d'Avalon avec sa fille Morgane et accompagnée du mystérieux Merlin, la reine Lliane acceptera-t-elle, une fois encore, de tout risquer pour l'amour d'Uter ?

Critique personnelle du tome :


Nous voilà parvenus à la croisée des chemins, au bout de la route tracée par l'écrivain. Avant d'entamer l'aventure, on ne peut oublier les péripéties déjà traversées, la mort de Gorlois, la guerre des peuples, la césure entre les tribus de la déesse et l'ombre qui avance, venant des Marches. En tenant entre nos mains ce dernier volume de la trilogie, on ne peut réprimer un frisson, à la fois de plaisir anticipé et d'appréhension ; car plus que quiconque, l'auteur n'hésite pas à sacrifier ses personnages, surtout quand les faits historiques l'y amène. Alors on s'interroge sur la destiné de ces protagonistes, de Lliane, d'Uter et des Elfes, de ces peuplades oniriques, et de ces vastes territoires... Où nous mène l'auteur, au fond ?

Ce dernier tome s'ouvre sur l'égide de la violence, dans un monde où les forces maléfiques s'apprêtent à lancer l'offensive. Vous l'aurez devinés, ce roman prend un tour plus dramatique car, aussi téméraires que soient ses protagonistes, on pressent une chute maussade... Néanmoins, on se laisse bercer par la poésie des mots, cherchant dans leurs tréfonds une note d'espoir, d'illusion et de bonheur. Mais la plume de l'auteur tire le voile sur un univers bien sombre qui, en dépit de son lyrisme et de sa richesse historique, s'abîme dans les ombres, traîné peu à peu vers une ère nouvelle, où seuls les hommes auront leur place.

Jusqu'au bout, l'alliance entre les peuples intercédera contre le mal, mais leurs querelles intestines, trop ancrées pour être mis entre parenthèses, troublent leur jugement, les conduisant plus près du marasme que de la pérénité. Et pourtant, pourtant, il demeure un espoir : celui du Pendragon, l'aimé de deux reines, dont les faits d'armes ravivent sans cesse la lueur d'espoir.

Pour peindre cette fresque dramatique, Jean-Louis Fetjaine dispose d'un atout de poids : son style, savant mélange de légèreté, d'audace et de mélancolie. Il semble dur de maintenir une qualité constante durant toute une trilogie, sans trahir ça et là quelques faiblesses, pourtant il hisse son talent à un haut niveau, livrant aux méandres de l'écriture la destiné de ses personnages.

Ceux-ci s'avèrent toujours aussi attachant, non par leur gouaille ou leur spontanéité, mais par leur charisme tragique, qui les poussera jusqu'aux convulsions de la bataille pour l'emporter. Dans une ambiance très différente, on retrouverait presque les héros raciniens, poussés par des forces absconses à accomplir la volonté des Dieux. Il s'agit d'un thème déchirant : celui de l'homme contraint à affronter la mort, dans une quête absurde où seule la défaite le félicitera. N'est-ce pas cela, la folie des hommes ? Toutefois, ces aspirations glorieuses ne les empêchent pas de douter, de briser leur muraille, d'éprouver le terreur face à ces guerres insensées. Au fond, malgré la magie des Elfes, ces personnages demeurent bien humains, qu'ils soient de haute naissance ou simpe orphelin adopté.

Pour parfaire cette vision déjà mirifique, l'auteur mêle à son monde des faits historiques (car ne s'agit-il pas, avant tout, d'une légende arthurienne ?), qui nous charment d'autant plus qu'ils paraissent merveilleux dans ce livre. Et il ne s'arrête pas là, car à de multiples reprises des extraits d'épiques romans, ou de saintes écritures, contribuent à filer l'atmosphère du livre, une atmosphère capiteuse, poignante, baignée dans les légendes d'un autre temps.

Cette épopée se termine comme elle a commencé : avec grâce et mélancolie. La plume de l'auteur aura ravivée la flamme de ces légendes, et nous nous sommes, quelque part, abreuvés de ses connaissances... Cette fin, triste, vibrante d'émotions et se terminant sur une touche plus grise qu'on ne l'aurait souhaité, emportera avec elle des centaines de lecteurs, car je ne le redirai jamais assez : lisez cette trilogie, elle constitue la grande force des auteurs de Fantasy français...

8.5/10
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MessageSujet: Re: [critique] La Trilogie des Elfes   Jeu 23 Aoû - 16:50

Merci beaucoup pour cette critique Sahagiel.
Ce livre traine dans la bibliothèque municipale de ma ville, et pour l'instant, je n'ai pas eu le temps de le lire. Alors avec cette belle critique, je vais essayer de le lire, si j'en trouve le temps. smile

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MessageSujet: Les couvertures   Jeu 23 Aoû - 20:54

Voici les couvertures des trois tomes:

Tome 1:



Tome 2:



Tome 3:


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MessageSujet: Re: [critique] La Trilogie des Elfes   Dim 25 Nov - 19:46

Ah, j'avais adoré cette trilogie. On est emporté de bout en bout. C'est vraiment génial smile
Le mythe d'Arthur est très bien remis au goût du jour smile

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